Mardi, on a joué dans le premier club de la tournée. Le concert avait été booké à la dernière minute, ce qui fait que pour la première fois depuis le debut du tour, on a joué devant quasi personne. Une dizaine d’entrée au maximum. C’etait étrange ce lieu. C’était un café, qui ne servait donc pas d’alcool, avec une vraie scène et une vraie sono dans une arriere salle peinte en noire. La soirée s’est terminée à 23 heures, sans que l’on n’ait pu boire une seule goutte. On s’est acheté des bieres à la pizzeria d’en face, mais on ne pouvait les boire ni dehors, ni dans le van, ni même dans le club… Il a fallu attendre que l’on soit chez Mark, notre hote d’un soir, pour ouvrir les bouteilles. Mercredi, à Pittsburgh, je crains que ce ne soit la même affaire, l’endroit où l’on doit jouer doit fermer à 22h… La maison dans laquelle on a dormi etait remplie de jouets, chaque piece debordait de gadgets en plastique, de peluches, c’etait toyland, je n’avais jamais vu une telle abondance. La mère de Mark (c’etait sa maison) avait conserve tous les jouets de ses fils, devenus adultes ainsi que ceux de ses petits enfants. Il y avait aussi une piscine, dans laquelle nous avons tous plonges ce matin au reveil. L’eau était à 25 degres.
Nous avons essayé de retrouver plein de chansons francaises qui font l’apologie de l’Amerique afin de les faire decouvrir a nos amis americains. Aujourd’hui, alors que nous sommes encore en Pennsylvanie, un etat proche de l’Ohio, c’est le bon moment pour la publier:
Nougayork (Claude Nougaro)
Sur la route de Memphis (Eddy Mitchell)
San Francisco (Maxime LeForestier)
L’Amerique (Joe Dassin)
L’ete indien (Joe Dassin)
Si les ricains n’etaient pas la (Michel Sardou)Etat proche de l’Ohio (Isabelle Adjani)
Les etats d’ames d’Eric (Luna Parker)
I love America (Patrick Juvet)
Pour faire un show comme aux USA (Ottawan)
Un jour j’irais a New York avec toi (Telephone)
J’ai vu New York (Serge Gainsbourg)
Rio Grande (Eddy Mitchell)
For me Formidable (Charles Aznavour)
Si vous en connaissez d’autres, n’hesitez pas a nous laisser un comment, tout en sachant que pour des raisons qui n’engagent que nous, Johnny Hallyday et Jean Jacques Goldman sont censures.
Il fait une chaleur à crever. Depuis plus d’une semaine qu’on est ici, il n’y pas eu un nuage dans le ciel. La température monte, le bord des routes est de plus en plus garni d’éclats de pneus, j’espère que notre van va tenir bon. On est en route pour l’Ohio. Hier à Pittsburgh on a enfin passé une vraie soirée de tournée. Concert tôt dans la soirée dans un joli espace autogéré, puis petite razzia dans un bar qui passait des standards du punk rock et enfin virée nocturne sur les bords de l’Allegheny river, jusqu’à la jonction des deux rivières qui forment l’Ohio. Hier je n’avais jamais vu une lune pareille. Le croissant était rouge sang, elle montait dans les cieux entres les ponts métalliques et les grattes ciel, c’était fantastique.
Nikko m’a fait part de ses réflexions quand à ce present tour report. N’ayant aucun recul sur ce que j’écris, je ne me rend helas pas bien compte de son contenu. Il m’a dit : “faut arrêter de se plaindre un petit peu, on joue à l’autre bout du monde, on a une sacrèe chance”. Oui, c’est vrai, on a de la chance. On a de la chance qu’un groupe comme Ghost Mice nous ait invité partager la route et la scène trois semaines avec eux, on a de la chance de tomber dans ces endroits improbables où se font les concerts ici, on a de la chance de voir la face cachée de l’Amerique. Mais n’empêche, ce n’est pas ce à quoi je suis habitué et une foule de détails me gêne, ou plutôt, me surprend. Je suis venu ici avec cette intention de jouer au scribe en voyage au coeur de l’Empire et personne ne peut me crever ces yeux qui contemplent étrangement cette Babylone des temps modernes.
Hier encore, j’hallucinais sur la vitesse à laquelle les choses s’embrayent ici. Il n’y a jamais de balances. Le premier groupe installé joue. Sitôt le concert terminé, tu dois dégager de la scène, voire tout ranger dans le camion. Les concerts commencent généralement très tôt, on ne peut, dans la moitié des cas, pas boire une goutte d’alcool avant le concert, c’est pas qu’on soit des alcoolos, mais une petite mousse avant la scène, ca chauffe un peu les neurones et ca décontracte un peu les doigts. Hier, on jouait dans un chouette lieu, le Roboto Project, tenu par des kids pour des kids dans un esprit très DIY, pour preuve ce fond de scène qui proclamait en grosses lettres : “Now, let’s start your own band!” Mais comme me le faisait remarquer Fabien, le staight edge n’a pas été invente en France, et l’usage d’alcool était prohibé à l’interieur. Et il n’y avait même pas un robinet en état de marche dans la salle, et il faisait une chaleur étouffante… On n’est pas encore des americains, à se trimballer avec chacun notre petite fiole d’eau à la ceinture pour pouvoir se désalterer où l’on veut.
Autre pont de lamentation, j’en ai marre de jouer entre 25 et 30 minutes par soir. Hier encore, on a du finir notre set alors qu’on était pleinement rentrés dans notre concert. 6 morceaux et c’est marre. J’aurais voulu jouer le double. Du coup, il va falloir s’habituer à être efficace dès le premier accord et passer dix minutes à dire au micro que nous sommes francais et que nous avons toute une table de merchandising! Pour ca, heureusement, les Ghost Mice s’en chargent à notre place. Entre Chris et Hannah, Eric du Gadabout Film Fest et Mat, le veggie trucker qui devait conduire le camion à huile (il nous a appris entretemps qu’il avait peint expres le van en vert fluo pour nous…) on est vraiment bien encadrés. Ils se comportent vraiment en hôtes et souhaitent nous mettre à chaque fois dans les meilleures conditions, c’est très touchant. A tel point même que je me demande comment on ferait ici sans eux. Je m’imagine pas encore booker une tournée par nous même dans ce pays, c’est tellement différent. Sans nos guides, je pense que nous serions totalement perdus. Ici tu es totalement livré à toi même. Lors de la plupart des shows, les promoteurs ne se présentent pas à nous, on n’a pas à dealer les problèmes d’argent, de nourriture et de logement. Enfin, pour la nourriture, si, un petit peu, car c’est tellement rare qu’on nous prépare à bouffer. Mais nos amis americains nous emmènent dans les meilleurs endroits, ce qui fait que curieusement, je n’ai pas l’impression qu’on mange si mal aux USA!!! Hier encore, ils nous ont emmené manger dans un supermarché végétarien, perdu en pleine milieu d’usines désaffectées, on pouvait y composer nous mêmes nos salades, c’était bien cool. Bon, on n’avait qu’un quart d’heure pour manger, et ici, la notion de repas n’est pas aussi sacrée qu’en France ou en Italie… Je pense à ce sujet avoir trouvé un titre pour une de nos future chanson : “fast food, fast music”
Enfin, un autre truc qui m’hallucine ici, c’est la peur du contact physique. Les raisons peuvent être nombreuses, violence aux concert dans les 80’s, crise de pacifisme aigue suite aux deux guerres du golfe… mais dès que quelqu’un vous bouscule un temps soit peu par inadvertance, la personne se confond en mille excuses. Du coup, c’est peut être pour ca que le coup que Nikko fait lorsque les gens n’osent pas s’approcher de nous n’a pas fonctionné hier. En temps ordinaire, il se lève de sa batterie, passe derrière le public et le pousse gentiment pour qu’il se rapproche de nous. Hier, il est tombé face a des piliers. Impossible de les faire avancer. Ghost Mice, eux, avec des mots doux, les ont priés de s’approcher pour leur concert, et gentiment, le public a obei. C’etait un peu flippant.
Ce soir à Colombus, on va renouer avec les house shows, je crois que c’est ce que je préfère, c’est plus facile de rencontrer des gens et de discuter. Il n’y a pas d’heure de fermeture, c’est la fête et tu joues dans une maison. On a déjà rencontré les promoteurs, ce sont des amis aux Ghost Mice qui jouent dans un groupe qui repond au nom de Delay, le bassiste m’a d’ailleurs prêté son ampli pour la tournée. On vient de voir la cave où l’on va jouer, il y a une boule à facettes, c’est toujours bon signe…
2 réponses jusqu'à présent ↓
oliv // Dimanche 9 septembre 2007 à 4:11
ben, euh, nino ferrer quand il parle des soulman/jazzman, le titre m’échappe!! “j’aurais voulu être noir?”
maia // Samedi 15 septembre 2007 à 8:07
c’est “je voudrais être un noir”