Archives de Catégorie: rock

Fill it!

Que de retard dans ce report… Mais bon, quand les choses sont mievres,  c’est difficile d’en tirer le meilleur parti. alors pour resumer, Wilmington,  bof, Richmond, bof, Washington, bof… Trois concerts moyens de suite en fin  de tournee, ca a presque de quoi vous foutre en l’air. Mais une visite en  bonne et due forme de Washington DC, la capitale de l’empire americain, ca  vous remet dans les rails, surtout quand on arrive apres a Baltimore (une des  villes les plus violentes des USA au passage) et qu’enfin, on a droit a un  « bonjour, ca va » de la part des organisateurs. C’est pas grand chose un  regard, un mot sympa, mais ca vous change definitivement votre approche d’un  concert. Du coup, fiesta, super concert.
Cet endroit est vraiment terrible. en dehors du fait que l’on puisse y boire  l’alcool librement, pas comme hier a DC ou les flics sont venus inspecter les  lieux en plein concert, il y a des good vibes dans l’air. Deja la salle de  concert, dotee d’une petite estrade et remplie de canapes ou les gens  chillent entre les concerts. mais definitivement pas pendant, puisque des les  premieres notes, ils s’approchent et dansent joyeusement. On a joue avec The  Max Levine Ensemble, un groupe punk rock bien carton qui a sorti quelques  disques sur Plan it X. Decidemment, et a force, cela ne me semble plus etre  une coincidence, tous les gens que l’on a rencontre pendant cette tournee et  qui etaient friendly avec nous avaient tous sortis un disque sur le label de  Chris… Une bonne ecole d’amitie et de simplicite ce label decidemment.

Citons pele mele ces gens amicaux et sinceres croises ca et la: Paul  Barribeau, Erin Tobey, Defiance Ohio (pardon de m’etre torche avec des flyers  de votre prochain concert a DC mais j’avais pas le choix…), The Max Levine  Ensemble, Delay…

Ce soir, derniere date de la tournee a Philadelphie, dans un info shop (le LAVA) de la banlieue de la ville qui est en train de diffuser La Societe du spectacle sur grand ecran en preliminaire a cette soiree qui est un benefit show pour food not bombs et qui sent le cafe (equitable et organique, of course) a plein nez.

A de rares exceptions, on n’aura pas joue dans le centre des grandes villes que l’on aura traverse, faute de lieu downtown. C’est impossible pour des punks de tenir un lieu dans les centre villes, les loyers y sont entre autre trop eleves, alors ils se rabattent dans les peripheries devastees, peuplees majoritairement de noirs ou de latinos, et c’est la que l’on peut se rendre compte des ecarts de richesses, des inegalites et de la grande pauvrete qui regne dans ce pays… Malheureusement, le melting pot n’est pas trop de mise dans le microcosme anarcho-diy que nous traversons, et meme si nous jouons en plein milieu de ce que l’on peut nommer ghettos, le public est blanc a 99%…

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The good old boys

love.jpglove.jpgUne boule à facettes, un baby foot, des filles qui dansent, c’est la recette pour un bon concert de Ned. Décidemment les house shows nous réussissent bien, il faut dire que l’ambiance à Colombus est suffisamment festive et hospitalière pour que l’on se sente à l’aise. Ces concerts dans les maisons sont vraiment de bons prétextes pour rencontrer les gens. C’est assez dingue comme le public est respectueux de l’endroit. Vous imaginez, vous, prêter votre beau salon pour une fête dans laquelle 50 punks vont débarquer? Ici, tout le monde pose sa bière dans le frigo. personne ne la pille, si tu prends une assiette, tu la laves, il n’y a aucune canette qui traine par terre, pas de vol, pas de baston… On est loin de la France. Encore un show dans l’Indiana, à Bloomington, dans la ville des Ghost Mice, et ensuite on commence notre descente dans le Sud. Bloomington a la réputation d’être une oasis dans un désert conservateur. L’Indiana, qui porte mal son nom puisque aucune des tribu indienne y vivant n’a survecu a a colonisation, est aussi connu pour abriter les leaders du KKK. Tout ça, ce soir, nous ne le verrons fort heureusement pas. Nous allons juer au Rhino’s, notre premier vrai club à l’americaine. C’est un club all ages, ce qui signifie qu’une fois de plus on ne pourra pas boire avant et pendant le concert. Par contre, il y a un distributeur de Red Bull dans la salle. Et c’est incroyable, au lieu d’avoir des verres de bière à la main, ils ont tous un cornet de glace. En dehors de ces considérations, première surprise, une belle affiche sérigraphiée annonce le concert en ville. Ensuite, notre nom est écrit en lettres amovibles à l’entrée du club, comme dans les films! Et la salle est assez grande, suréquipée, et même dotée de l’air conditionné. En temps ordinaire je n’aime pas la clim’ mais avec l’air moite de ces régions du midwest, c’est un luxe très appréciable. Il ne nous reste plus qu’à rocker comme il se doit pour honorer notre présence en ces lieux.

Le concert est terminé, c’était pas trop mal, je préfère les ambiances plus intimes mais nico avec son short de tennisman a assuré le show à lui tout seul avec ses pas de danse à la yannick noah. Nikko a fait quelques pompes sur scène en expliquant qu’on se préparait pour la Floride. Comme on en parlait avec Nico tout à l’heure, on n’est pas exactement dans la scène qui correspond le plus à notre musique, ce qui fait que soit les gens accrochent ou sont surpris, soit se cassent. Mais c’est toujours amusant de confronter notre son « weirdo » a des kids aimant la folk. On a d’ailleurs battu notre record de vente de disques à Bloomington.

love.jpgQuand à Ghost Mice, c’était rigolo de les voir jouer dans leur ville d’origine. Les parents d’Hannah étaient présents, et les deux petites souris semblaient un peu stressées par rapport à d’autres concerts. Un corde cassée, un refrain oublié, c’est pas coutumier mais c’est bien fun. Il faut que je publie les paroles d’une de leur chanson, qui explique très bien ce qu’on vit ici et pourquoi on le fait. Enfin, disons que pour moi ces paroles me touchent tout particulièrement.

Boy meets girl

She ask me if i like to sing i said of course i like to sing
anyone who doesn’t like to sing must be dead if you ask me
she ask if i like being on the road, i said i love being on the road
yes i miss my friends at home but i love being on the road

so many songs i have to sing, so many places not to see

she ask me if i had a job i said no way i’ve no job
why would anyone want a job, life’s too short to have a job
she ask me if i had a dream i said of course i’ve got my dreams
then anyone without a dream must be dead if you ask me

so many songs left to sing, so many dreams left to dream

today is too nice to spend it any other way then riding on our bikes
today is too great, the weather outside is perfect
i insist that we stay up real late
today is too wonderful to worry about anything on our list of things to do
today is perfect

she ask me if i’ve been in love i said of course i’ve been in love
she ask me who i was speaking of, i said her nae will not be sung
she ask me if i want to die, i said of course i do sometimes
anyone who doesn’t want to die must not really be alive

En route vers le Sud, l’Amérique profonde nous tend les bras et la première impression vue du camion c’est que c’est plutôt hostile. Premier arrêt au milieu de nulle part, de la brousse aurais-je plutot envie de dire, pour se ravitailler en essence, et premiers rednecks… Vas y que ca nous vanne à haute voix et que ça nous traite de drogués. Chris nous invite à faire semblant de fumer un gros spliff composé d’une simple feuille de papier devant eux, puis on se casse en klaxonnant. Les kilomètres qui suivront seront riches en images : éoliennes, pickups abandonnés, fermes en ruine, champs de mais, roulottes d’amish, vive le midwest.

Après les parents d’Hannah nous auront droit à la présentation des parents de Chris, chez qui nous dormiront d’ailleurs ce soir après le concert de Louisville, Kentucky, dans leur maison perdue dans l’Indiana. Après avoir joué au horseshoe game et mangé du mais préparé par sa mère, nous sommes allés à l’Atomic Saucer, le café (café, c’est différent de bar, je précise…) où nous jouons. Un groupe de country rock joue en vitrine, oulala, c’est l’Amérique. Le café fait aussi gallerie d’art underground, et à part un vieux biker hippy, la moyenne d’age frise à peine les vingt ans.

Notre concert s’est bien passé, pas trop violent, bien joué et les kids ont bien aimés, meme si c’était très timide. Les Ghost Mice ont ensuite fait leur set le plus long de la tournée avec de vieilles chansons à eux, c’était bien sympa. Et puis, petit bonus du Kentucky, une bouteille de bourbon local est cachée dans un sac en papier dans le camion. On peut désormais multiplier les aller-retours suspects entre la salle et le van pour boire en douce de l’alcool !

Back to New York, end to Providence

Vendredi, a New York, on a presque joué a la maison, on connaissait toutes les têtes du premier rang pour notre concert, du coup c’était presque frustrant…. Etre à 5000 kilomètres de chez soi et connaitre une vingtaine de personnes dans la salle… ca fait quand même bizarre. Vivement l’Alabama, au moins là bas, on devrait être à peu près sûr de pas croiser une tête connue ! En plus de ca. on a joué avec Herman Dune qui s’est ajouté sur l’affiche en dernière minute, no comment…

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quelques numeros pour booker un petit concert a NYC

A part ces considérations personnelles, ce concert était un benefit show pour Daniel McGowan, un eco-activiste arreté par le FBI pour eco-terrorisme. Il risque 20 de taule et les charges qui lui sont reproachées sont apparement plus que douteuses… Disons que le gouvernement fédéral a trouvé un prétexte pour se débarrasser d’un citoyen gênant. Toutes les infos sur son cas sont disponibles sur ces sites
http://www.supportdaniel.org
http://www.greenscare.org
On jouait dans Bushwick, Brooklyn, un quartier réputé chaud à majorité afro et portoricaine. C’était dans un loft à l’étage au dessus d’un club, quand on jouait on pouvait voir le métro aérien de NY passer au dessus de nous dans un vacarme assourdissant. Ca c’était vraiment la classe.

gato.jpgPour l’instant, même si on n’a pas encore fait énormément de kilomètres on a quand même pu traverser l’Ecosse, le Liban, Londres, Versailles, Lisbonne, Hanovre… On a même dormi à Norwich, une petite ville du Connectictut, dans laquelle, dans les années Reagan, les deux asiles que comptait la cité ont été fermés à cause des restrictions sociales en vigueur à cette epoque. Du coup, les fous se sont retrouvés à la rue, et certains dorment encore dans des cabanes, et d’autres, nus dans la forêt. On a pu passer devant les bâtiments désaffectés, on aurait presque pu voir des fantômes, au lieu de ca, on a vu des racoons.

Ensuite, New Paltz. On a joué très tôt, trop tôt pour moi, à 14 heures. On a joué au sortir du van, comme qui dirait comme tombés du camion, donc du lit. C’était pas fantastique, d’autant qu’on était en plein soleil et qu’on était à deux doigts de l’insolation. C’était le festival annuel de New Paltz (le Stay True Paltz Fest), c’était en plein air, il faisait super beau et tous les gens étaient heureux. Au bout d’un moment tous ces sourires béats ca m’agace un peu. Pas d’alcool, pas de violence, oh merde, c’est dingue cette génération bisounours. Cest fou comme les gens sont gentils ici. le moindre contact physique se termine par de longues excuses, tous le monde est souriant… Ca me change de la France.
Là un groupe de hip hop joue et c’est comme ca que devrait être le hip hop sur scène, deux MC, dont Eric, du Gadabout Film Fest qui tourne avec nous, un batteur et un clavier qui lance des samples. joue la basse et les melodies. Il manque qu’un DJ pour que ce soit ultime.
Le festival aura duré de midi à 22h, il s’est cloturé à la nuit tombée par la projection de films, seize groupes au total auront joué, je dois avouer que ca fait beaucoup pour mes petites oreilles. On en a profité pour jouer au foot; pardon, au soccer, sur le grand parc où se déroulait le festival et continuer notre programme de musculation accéleré dans le gigantesque jardin pour enfant où tout un parcours du combattant était aménagé… On a encore pas mal de boulot avant notre arrivée en Floride, où l’on s’est promis de revenir bronzés et musclés. Pour l’instant, dans chaque maison dans laquelle on a dormi se trouvent des machines à muscler. Là, au réveil, on vient de faire un concours d’haltérophilie (poids 40 kg), mais hélas, ce sont les américains les plus forts. Enfin, nous comblerons notre retard en nous gavant de muscle milk, de gélules et de vitamines, et nous aussi, nous seront beaux et musclés à notre retour au pays.

Premier freak show de la tournée, pas besoin d’aller à Coney Island pour l’admirer, Providence, Rhode Island suffira. Il se nomme Chip, c’est un gros barbu à t-shirt luciférien complétement allumé, fils d’un soldat de l’US Air Force qui a, d’après ses dires, passé son enfance en Allemagne, Il nous insulté toutes les deux phrases. Il oscille entre les vannes sympas, les malentendus douteux, les mots gentils, les insultes vexantes et les excuses sincères. Ca fait une demi heure qu’on essaye de se garer mais il n’y a pas de place de parking dans ce quartier pourri de Providence, toutes les rues sont désertes, on n’a pas le droit de se garer dehors la nuit. Avec la lumière orange de l’éclairage public, ca donne un côté inquiétant à cette fin de soirée. Chip dit qu’on se prendra une amende de 15 dollars, et puis c’est comme ca, il y a pas d’autres endroits pour se garer. Chris ne veut pas garer le van n’importe où, et ca peut se comprendre d’ailleurs quand on trimballe toute sa vie sur soi (cf. à ce sujet les règles de tournées de Sabot dans le livre « 10 months »), Chip nous traite de “pussies”… Finalement, on gare le camion devant la maison et on rentre chez lui. Il habite en colloc avec un couple et un autre freaks qui nous avait fait fumé de la bonne weed après le concert. Et Chip se la radine, il se met à m’insulter parce que je suis allé entretemps au 24/24 en prétextant que c’étaient des sales connards là bas. Je lui rend ses insultes. Chip avait commencé les présentations en nous disant qu’il avait des flingues chez lui pour qu’on le shoote. Le voila qui nous les sort à présent. Un fusil d’assaut flambant neuf qu’il pointe stupidement devant lui, Super… le mec est rond comme un ballon… Ca jette comme qui dirait un froid. Puis il part gentiment se coucher, après quelques reflexions désobligeantes et quelques gestes attentionnés, en nous souhaitant bonne nuit. Gêné par sa conduite, il ne cessait de répéter « i love you guys. I don’t even love myself but i love you« . La pression redescend d’un cran.

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C’était ma première confrontation avec une arme à feu de ce type chez un particulier (welcome to America…) et ca fait bien réfléchir. Se dire qu’un crétin de ce type, et des dizaines de milliers comme lui, possède un arsenal qui peut servir le moment où son cerveau malade lui en donnera l’ordre, c’est flippant. Finalement, Mat a demandé au 24/24 s’il pouvait garer le van dans le parking du magasin et le gérant a dit « no problem, but the neighborhood is not really safe » donc il dort dedans.. Tout est bien qui fini bien, vivement demain qu’on revoit Chip à jeun. C’est qu’on en oublierait presque le concert avec ces conneries.

 

 

Un camion de Doritos a enfoncé notre pare-choc durant la nuit, la porte arrière du van est un peu coincée. Drôle de soirée à Providence. Chris nous a fait part de ses agacement quand au promoteur de la veille. 3 ou 4 groupes se sont incrustés dans la soirée, sentant la bonne aubaine pour jouer devant du monde. Je dis « groupe » mais la plupart du temps ce sont des one man band, un kid tout seul avec sa guitare folk qui ne demande absolument rien pour jouer.
Chris dit que l’internet et le folk tuent la scène. Tu n’as plus besoin d’avoir un van et un groupe pour tourner, ni même de connaitre les réseaux des promoteurs, puisque tu n’as plus qu’à checker le myspace des groupes en tournée pour savoir où sont les concerts et prendre la voiture à papa pour t’y incruster. Tu y vends tes cd-r à un dollar et ca te paye l’essence pour le trajet.

Drôle d’impression que cette soirée d’hier, je me suis rendu compte ce matin que le couple qui dormait dans la maison n’était autre que deux des members de Soophie Nun Squad. Si je l’avais su hier, cela m’aurait sans doute rassuré. Ils ont bien du courage d’avoir un tel coloc. Ce midi, ils nous ont offert notre premier vrai repas de la tournée, au soleil dans le jardin. Nous voila à présent en route pour la Pennsylvanie, en lieu et place de Boston où le concert n’avait jamais été vraiment confirmé.

From Bronx to Willimantic, Connecticut

Voila deux jours que nous sommes arrrivés à New York, et on serait presque habitué á la vie ici… Tout est à la fois si différent et si familier, et c’est avec un sentiment étrange que l’on déambule dans cette mégalopole que l’on peut raisonnablement considerer comme la capitale du monde.

Il y a des lois ici qui sont stupides. Interdiction de boire des liquides dans un récipient ouvert… Tous les gobelets sont donc bouchés. Impossible de boire de l’alcool dehors, ni même dissimulé comme il y a quelques années dans un sac. Hier soir avec les Psychic Paramount. j’ai bu des bières en douce dans leur van en faisant du sightseeing by night dans Manhattan après que Drew m’ait briefé sur les choses à ne pas faire ici. A la question, peut-on boire dans le van, en pretextant qu’en France, puisque le véhicule est considéré comme une extension du domicile, et qu’il est, à ce titre, en pratique inviolable et que, ici, boire une bière chez soi ne constitue pas un acte illégal, la réponse est simple : Ici, ce sont les Etats Unis d’Amérique, le pays de la liberté et non pas la France (l’autre pays de la liberté, ou plutôt des droits de l’homme, hein). Ici donc, boire au volant est considéré comme une tentative d’homicide, et un passager le faisant est tout simplement hors la loi. Dans tous les cas, en situation de flagrant délit, c’est les mains sur le capot et les menottes direct, et dans le cas d’un ressortissant étranger, c’est l’expulsion directe (deportation en anglais dans le texte) et l’interdiciton de territoire pendant de longues annees.

Voila pour l’alcool. Pour la marie jeanne, c’est la même chose sauf qu’il ne faut jamias en laisser trainer dans un véhicule sans quoi c’est tout le monde qui ramasse. Donc règle très importante, le fumeur doit planquer le produit sur lui, ce qui ainsi n’engage que sa propre responsabilité. Et en tant que ressortissant étranger, mieux vaut que ce soit un américain qui porte la came.

Passées ce baba de la survie aux USA, on s’arrête acheter des bières dans une épicerie de nuit et on se les ouvre… dans le van. La théorie passe subitement en pratique. « Tu vois tout ca, il ne faut pas le faire, mais on va le faire quand même ».

 

Règle numero 1 : ne jamais boire â l’arrêt..
Règle numero 2 : ne jamais boire avant une intersection mais toujours après l’avoir franchie et s’être assuré qu’aucune voiture de police ne vous croise à ce moment.
Règle numero 3 : boire tranquillement. l’air de rien, sans inspecter avec suspicion son environnement.

On passera ensuite sur le pont du Queens en évitant les contrôles aléatoires de la police qui arrêtent au hasard des véhicules sur ce trajet en quête de terroristes et en criant « Police » à chaque fois qu’une patrouille se trouve à portée de vue. Vous l’aurez compris, c’est une expérience très décontractante. Que c’est agréable de boire des coups de cette facon ! On boit ainsi les bières plus vite car une fois décapsulée, elle est en quelque sorte comme dégoupillée et donc dangereuse.

 

31 aout, Bronx, NYC

on a enfin eu des nouvelles des Ghost Mice, du coup rencart dans le Bronx à la 180eme rue. De toute facon. il y a des flics à chaque coin de rue donc on risque pas de se faire braquer. J’ai demandé un soir à Drew comment Giuliani avait fait pour nettoyer la ville. Plus de flics à chaque coin de rue bien sûr mais aussi il a procédé à un nettoyage en règle qui m’évoque cette chanson pas très punk rock mais ô combien funky de MFSB, « let’s clean up the ghetto ». La municipalité a donc expulsé toutes les putes, les sex shops et les cinema porno du centre ville. Times Square est devenu un lieu de pelerinage de la société consumeriste, Soho, un village pour artistes embourgeoisés, Brooklyn un repére á bobos… Bref, c’est Disneyworld…

 

Avec Ned, niveau logistique on est vraiment toujours à la rue, mais à chaque fois on n’a aucun problème, et tout se termine toujours en happy ending. On s’est soucié seulement hier soir de comment on allait rejoindre les autres pour la tournée, un petit coup de fil, et hop, rencart. Ca ne nous fait même plus de soucis. Entre les tournees sans carte, sans adresse et le nombre incalculable de gens sur qui on peut compter, la balance est simple. Don’t worry, tout se finit toujours bien. Comme dirait Van Halen, « hey, life isn’t so serious, honey« , hein, pourquoi se compliquer la vie??

We’re full of surprises nous indiquele panneau de bienvenue de l’état du Connecticut. Aujourd’hui nous nous lancons sur les routes avec les Ghost Mice. Première « deception », ils n’ont pas le veggie van tant attendu. Nous ne roulerons donc pas à l’huile de friture comme nous l’espérions, mais a l’essence… dans le vieux van de Chris. Il a ce van depuis dix ans, c’est un modèle Starcraft très confortable et spacieux, tapissé de moquette, réhaussé avec des couchettes, au design hybride entre le van de Hard Rock Zombie et celui de l’Agence Tout Risque. Mais les Ghost Mice en avaient fait le deuil par trois fois. Trois fois déjà, ils l’ont renvoyé au garage familial en se disant: plus jamais. Et par trois fois le vieux van est ressorti de l’ombre. Le fidèle compagnon de route, mis à l’écart par ses maitres mais jamais rancunier, reprend du service pour un périple de vingt jours le long de la côte Est avec nous à son bord.

 

Aujourd’hui, c’est un gros week end ferié (Labor Day) et les routes sont très encombrées. Une centaine de miles sépare notre destination de New York, et cela fait déjà plus de deux heures que nous roulons. La route ne désemplit pas, on croirait faire partie integrante d’une file de fourmis.

Ca y est on a fait notre premier show aux USA. La premiere impression, c’est que le public est jeune, très jeune. Les kids, ce n’est pas une légende. Je comprend encore mieux Ghost Mice qui exige la plupart du temps de jouer dans des lieux all-ages, snas quoi, une bonne partie du public ne serait pas là.

C’était assez impressionnant de les voir jouer dans leur pays d’origine, sur la soixantaine de personne présente, une bonne moitié chantait les paroles en choeur. Pour un peu on se serait cru e face de la rue, ou une eglise scientiste tenait ses locaux! Mais les textes de Ghost Mice, même s’il sont souvent des hymnes à l’amitié et au bonheur, n’ont pas grand chose de chrétien.

On jouait donc hier dans une sorte de gros infoshop libertaire au milieu d’une petite ville de 25000 habitants. Pour nous ce fut catastrophique. Arrivés à 20 heures au lieu de 17 , en inaugurant un materiel sur lequel on n’avait jamais joué et assez cheap, on a commencé dès notre arrivée par remplacer un speaker de l’ampli guitare. Ensuite dès la troisième chanson Nikko a perforé la peau de grosse caisse. Il a retourné sauvagement le fût sur le sol et extrait à deux mains la pedale de grosse caisse coincée à l’interieur. Il a ensuite dû la channger en quatrième vitesse, puis n’a cessé de galérer avec les pieds de sa batterie qui n’arrêtaient pas de bouger dans tous les sens. Personellement, j’ai une nouvelle basse, avec un ampli un peu rikiki, ce qui fait que je m’entendais pas. Donc, c’était bien chaotique mais malgré tout ces tracas, on a pu halluciner sur les ventes à la fin du concert. Ca se précipitait tellement vite au merch, qu’on n’avait pas le temps de noter ce qu’on vendait. Il va falloir s’acheter une caisse enregistreuse si l’on veut s’en sortir et on pense dès à présent qu’on va être un peu court au niveau des stocks!

En ajoutant les soucis de camion que Chris et Hannah ont eut avant de nous rejoindre (van à huile en panne, pédale d’accéleration coincée…), Chris a qualifié cette tournée en public de Breaking everything tour. J’espère qu’il en sera autrement!

New York City

 Shit, i think we came too late…

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CBGB’s for rent. Let’s have a dunk nuts instead!